Santé
dimanche janvier 21, 2018
Inscription

L'automédication est de plus en plus pratiquée dans les pays occidentaux. Près de 85% des français recourent aux médicaments sans ordonnance contre moins de 79% en 2000 selon une étude de l’AFIPA.

La plus grande facilité à se procurer des médicaments en vente libre et la difficulté d'accès à un médecin de famille dans certaines zones encourageraient cette pratique qui peut s'avérer dangereuse...

Qu’est ce que l’automédication ?

Tous les maux ne méritent pas une consultation médicale et il est souvent légitime de vouloir gagner du temps en se soignant par soi-même. C’est le principe même de l’auto-médication. Elle consiste à se procurer des médicaments non remboursables, sans prescription, et conseillés par le pharmacien pour soigner des petits maux tels que le rhume, une migraine ou des troubles digestifs passagers… Utilisée de cette manière, elle permet de soulager des symptômes simples sans attendre une consultation médicale.

Malheureusement, lorsqu’elle n’est pas « responsable », l'automédication peut être une source importante de dangers, par exemple, en cas d’achat sur Internet  ou en cas de réutilisation d’un médicament prescrit préalablement sans l’autorisation d’un médecin.

Comme il y a souvent une « sur-prescription » de médicaments, et comme les laboratoires conditionnent les médicaments dans des boîtes qui contiennent parfois plus qu’un traitement, l’usager peut se constituer un stock. La tentation est alors forte de se « servir » dans la pharmacie familiale pour guérir un symptôme déjà connu, et d’utiliser des médicaments loin d’être anodins comme des anxiolytiques, des antibiotiques ou des anti-inflammatoires. Il s’agit d’un mésusage fréquent qu’il faut absolument bannir.

Quand les symptômes se prêtent à l’automédication, il convient d’utiliser les médicaments appropriés. Ils sont censés ne présenter aucun danger direct ou indirect, même s’ils sont utilisés sans surveillance médicale, pourvu que les doses thérapeutiques recommandées soient respectées. C’est la raison pour laquelle ils ont reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS).

Ainsi, tout médicament utilisé en automédication doit présenter les caractéristiques suivantes :

•Contenir une substance active adaptée à l’automédication avec un rapport efficacité/sécurité intéressant.

•Fournir dans sa notice une information au patient lui permettant de juger de l’opportunité du médicament et de comprendre facilement son mode d’utilisation.

•Être utilisé dans le cadre d’une indication relevant d’une prise en charge par le patient seul.

Pour toutes ces raisons, les médicaments d’automédication peuvent être utilisés sans l’intervention d’un médecin et sont donc disponibles sans ordonnance. 

Au Québec,  parmi les médicaments accessibles sans ordonnance, on distingue ceux qui sont en vente libre « derrière le comptoir » (c’est le pharmacien qui doit donner son accord), des médicaments en vente libre « en pharmacie ».

Avant d’avoir recours à l’automédication, un certain nombre de conseils sont à prendre en considération :

Être attentif : se conformer scrupuleusement à la posologie en consultant la notice. Il ne faut pas négliger par exemple les indications telles que « prendre au milieu du repas ». Attention également à la date de validité si le médicament est issu de l’armoire familiale.

L’automédication est fortement déconseillée pour les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes atteintes de maladies chroniques, les nourrissons et les enfants.

L’utiliser sur une période courte : le traitement ne devrait pas excéder 5 jours, sauf exceptions particulières (sevrage tabagique par exemple). Dans tous les cas, il convient de consulter son médecin au plus vite en cas de persistance ou d’aggravation des symptômes.

Surveiller les interactions et prendre garde aux contre-indications. Il est toujours bon de demander conseil à son pharmacien et de lui préciser les autres traitements en cours afin d’éviter les interactions. L’alcool perturbe l’effet de nombreux médicaments, l’idéal est de s’abstenir les jours de prise.

Ne jamais réutiliser des médicaments précédemment prescrits sur ordonnance.

Bien ranger les médicaments, hors de portée des enfants : les produits d’automédication peuvent être dangereux.

Appeler vos médicaments par leur DCI (dénomination commune internationale). Il s’agit du nom du composé actif du médicament, différent du nom de la marque. Par exemple, Doliprane et Dafalgan sont des médicaments similaires qui ont le même principe actif dont la DCI est le paracétamol. Cette habitude permet de comparer les prix (librement fixés en cas de vente libre) et de ne pas se tromper à l’étranger. 

Malgré leur mise sur le marché, certains médicaments laissent sceptique. L’ANSM a ainsi publié récemment une mise en garde sur les risques potentiels des médicaments antirhume. « Des données actualisées de pharmacovigilance font état d’effets indésirables cardio-vasculaires et neurologiques, exceptionnels mais graves, avec les décongestionnant qui renferment un vasoconstricteur », prévient-elle. Sont concernées les spécialités orales à base de pseudoéphédrine : Dolirhume, Humex rhume, Actifed rhume, Nurofen rhume pour la France, Sudafed, Tylenol, Pseudo-Ephedrin pour le Québec.

Les autorités sanitaires françaises ont interdit il y a quelques années d’autres vasoconstricteurs utilisés contre le rhume. Selon l’ANSM, elles auraient tout intérêt à se pencher rapidement sur ces produits contenant de la pseudoéphidrine. En cas de rhume, il est préférable de procéder à un lavage du nez au sérum physiologique, et d’attendre que les symptômes disparaissent d’eux-mêmes…  

L'aspirine aussi en cause

Le professeur Jean Paul Giroud, pharmacologue et auteur d’un guide grand public de l’automédication1, recommande également de se méfier de l’aspirine. Pour lui, elle serait responsable de nombreuses interactions et effets indésirables, notamment lorsque l’on prend déjà un traitement anticoagulant ou hypoglycémiant : mieux vaut lui préférer le paracétamol « aussi efficace et sans danger ». A condition bien sûr de respecter les dosages indiqués sur la notice…

Allergies, rhumes des foins : Antihistaminiques.

Quand : A prendre dès les premiers symptômes s’il s’agit d’une rhinite déjà identifié.

Conseils : Réfléchir à une éventuelle désensibilisation avec le médecin. 

Brûlures d’estomac : Antiulcéreux

Quand : En cas de brûlures occasionnelles.

Conseil : Si la douleur ne passe pas rapidement, ou qu’elle revient fréquemment, il faut consulter.

 

Constipation : Laxatifs

 

Quand : En cas de constipation chronique connue de longue date.

Conseil : En cas de changement récent d’état du transit, mieux vaut consulter.

 

Diarrhée : Antidiarrhéiques

 

Quand : Si elle est ponctuelle et sans complications.

Conseil : Si elle dure plus de deux jours, ou si elle fait suite à un retour d’un pays tropical, la consultation d’un médecin est indispensable. 

 

Douleur : Antalgiques (aspirine, paracétamol, ibuprofène)

Quand : Si la douleur est ponctuelle, et due à une cause sans gravité.

Conseil : Toute douleur suspecte ou intense nécessite une consultation.

Exemple : Efferalgan.

 

Jambes lourdes : veinotoniques

 

Quand : Si la douleur persiste malgré une petite marche à pied ou l’usage de collants adaptés.

Conseil : Une consultation annuelle est recommandée pour surveiller les possibilités de varices ou de phlébite. 

Exemple : Daflon. 

 

Migraine : antalgiques (aspirine, paracétamol, ibuprofène)

 

Quand : Dès le départ de la crise.

Conseil : Il ne faut pas prendre la mauvaise habitude de prendre des antalgiques à chaque migraine, il existe des médicaments plus spécifiques accessibles sur ordonnance. 

 

Règles douloureuses : antispasmodiques, antalgiques

 

Quand : Si la douleur est déjà diagnostiquée.

Conseil : Il faut éliminer une endométriose (prolifération de tissus de la muqueuse utérine en dehors de l’utérus).

Publicités

 UN HOTEL 4 ETOILES DE RÉFÉRENCE A COTONOU