Politique
jeudi novembre 15, 2018
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Le président Boni Yayi, président du Conseil supérieur de la magistrature a honoré de sa présence, ce jeudi 30 octobre 2014,

l'audience solennelle de rentrée judiciaire, de l'année 2014-2015 de la Cour suprême. "La dimension sacerdotale de l'office du juge", thème de cette rentrée solennelle, a été analysée sous toutes ses coutures.

La Cour Suprême sise à Porto-Novo a sacrifié ce jeudi à sa traditionnelle audience  solennelle de rentrée judiciaire qui annonce une nouvelle année judiciaire  avec à la la clé l'étude de plusieurs dossiers. La grande messe de cette rentrée judiciaire a réuni autour du président de la Cour suprême Ousmane Batoko la quasi totalité de la famille judiciaire, honorée par la présence le Premier Boni Yayi. Les différentes interventions enregistrées à l'occasion se sont focalisées sur le thème central de la rentrée judiciaire : la dimension sacerdotale de l'office du juge. 

Dans sa plaidoirie, Me Cyrille Djikui, bâtonnier de l'ordre national des avocats voit dans ce thème l'occasion privilégiée pour méditer sur cet important paramètre de leur fonction souvent mis sous le boisseau. Pour lui, la fonction du juge est d'essence divine, ce qui appelle du magistrat, un esprit d'humilité, un renoncement volontaire de soi, un sens de responsabilité, une ouverture d'esprit, vertus indispensables à l'accomplissement décent de sa mission. Pour le  Procureur général près la cour suprême, Cyriaque Dogue, le pouvoir de juge est une délégation du pouvoir divin. Au- delà des honneurs et de la prestance qui tirent leur essence dans la noblesse consacrée à la fonction depuis des siècles, il exhorte le juge a se soumettre à l'autorité de la loi et de la chose jugée. "Le juge doit juger avec un juste jugement. Il doit rester digne et inspirer confiance. Son office se conjugue avec l'humilité et la distinction", conclut-y-il.

Le Président de la Cour suprême Ousmane Batoko, après le rappel des activités menées au cours de l'année écoulée, s'est à son tour interrogé sur la vocation sacerdotale du métier de juge. Il fait  observer une tendance au niveau de la corporation qui consiste à tisser des rapports incestueux avec d'autres organisations. Il déplore à cet effet la collusion récente entre les magistrats et des forces politiques et syndicales dans le cadre de leur lutte au Parlement contre la suppression du droits de grève aux magistrats. " La sortie des juges sur le parlement aux côtés des syndicats et des forces politiques n'honorent pas notre pays. Ce spectacle, avouons-le, offert par deux grandes institutions de notre pays, n'honore pas notre démocratie. La justice ne saurait s'accommoder de bruits et agitations qui sont somme toute, sont préjudiciables à l'exercice de sa fonction. La justice ne doit pas être un enjeu politique", conclut-il. "Le sacerdoce, c’est d’abord l’oubli de soi en faveur des autres ; le sacerdoce induit l’idée du détachement, du sacrifice en vue de satisfaire les besoins de ceux au service de qui, vous avez décidé de vous mettre", explique le Premier magistrat pour qui, il devrait aller de soi que le métier de juge s'accompagne de sens de sacerdoce. 

Mais la question de fond, d'après le Chef de l'Etat, est de réfléchir sur les raisons qui fondent la disparition progressive de la vocation sacerdotale dans l'office du magistrat au Bénin."Je voudrais plutôt partager avec cette auguste assemblée la question de savoir pourquoi l’attachement à la dimension sacerdotale s’éloigne de plus en plus des mœurs judiciaires et que faire pour que le juge béninois prenne toute la mesure de son office dans la cité ? L’image que renvoie notre justice dans l’opinion met-elle le juge en adéquation  avec son serment par lequel, il a juré de bien et fidèlement remplir sa fonction, de l’exercer en toute impartialité, dans le respect des lois de la République et de se conduire en tout, en digne et loyal magistrat ?" S'interroge Boni Yayi qui semble avoir du mal à comprendre les grèves sans service minimum dans le secteur de la justice, au nom de la défense des intérêts moraux et matériels de la corporation. Mais il n'a pas manqué de prendre l'engagement de jouer sa partition pour redorer le blason de la justice béninoise. "la spécificité de la mission du juge, les contraintes et autres servitudes de son office nécessitent de la part des gouvernants, la reconnaissance de la place qui est la sienne au sein de la cité. Un statut particulier doit lui être accordé pour assurer sa charge dans des conditions convenables. L'également est de mettre notre justice au diapason des exigences de développement de notre cher pays, le Bénin", conclut Boni Yayi.  

Bruno OTEGBEYE ( Cell.Com/PR)

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