Politique
mercredi juillet 18, 2018
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Depuis sa dernière sortie médiatique aux lendemains des dernières élections présidentielles, les béninois n'ont plus entendu le leader des Tchoco-Tchoco

dans une émission de grande écoute sur les sujets brulants de l'actualité nationale si ce n'est dans les sorties statutaires de son parti. Mais contre toute attente; le président du parti du renouveau démocratique  a donné de la voix ce dimanche pour dire au peuple sa part de vérité sur les grands dossiers qui préoccupent le peuple et surtout les positions et les responsabilités qu'on attribue à tort ou à raison au parti sur certaines questions politiques et sociales. "Le Prd a sa ligne politique qu'il respecte et  qu'il n'a jamais violé et je suis ici aujourd'hui pour dire aux béninois que je n'ai pas changé" a dit le président du Prd, Me Adrien Houngbédji à l'entame de cet entretien.

Achille OUSSOU

 

Alors qu'il devrait parler principalement de la 5ème Université de vacances du parti du renouveau démocratique qui se tient le week-end prochain dans la commune d'Avrankou, le président Adrien Houngbédji n'a pas échappé  aux questions des journalistes  sur les questions socio-politiques majeures  qui occupent les discussions au sein du peuple et traduisent  la posture du Bénin sur la scène politique internationale. Entre autres préoccupations auxquelles le leader des Tchoco-Tchoco a répondu, il y a  la question du retard  et ou de la non organisation des élections à bonnes dates au Bénin. Sur ce, le président Houngbédji ne s'est pas fait prier pour dénoncer la mauvaise foi du gouvernement et plus particulièrement de son chef qui apparemment et pour des raisons qu'il est le seul à savoir, ne veut pas des élections quelles qu'elles soient. Pour tenter de justifier le plan caché de Boni Yayi et de la mouvance, le président Adrien Houngbédji a posé une hypothèse: le gouvernement n'organise pas les élections aussi bien  locales, municipales que les législatives de 2015. Ainsi le parlement n'existe plus et le principe de la majorité des trois quart pour réviser la constitution n'est plus nécessaire. Par voie de fait, le président de la République  gouverne le pays par ordonnance et passe au référendum pour consulter le peuple directement sur la possibilité d'une nouvelle République et par conséquent d'un nouveau mandat. Mais rassure-t-il, le parti du renouveau démocratique réfléchit déjà à la question de la fin du mandat du gouvernement en place et surtout au sujet de cette hypothèse d'exception. Dans cette logique, Me Adrien Houngbédji a levé un coin de voile sur le comportement des membres de la Cour constitutionnelle auxquels il fait partager la responsabilité de l'impasse socio-politique actuelle dans laquelle se retrouve notre pays. Face au désespoir du peuple, aux cris d'appel des béninois en ce qui concerne le retard dans la tenue des élections municipales et locales, le président du Prd a fait savoir que seule la haute institution a la clé de la solution. Il a fait comprendre que les sept membres de la Cour actuelle sont de la majorité présidentielle puis que quatre ont été désignés par le bureau de l'Assemblée nationale monocolore et trois par le président de la République. De fait, les sept viennent de la même obédience politique et ont du mal à mettre le droit au service de la politique. "En disant qu'il ne peut y avoir les élections sans la liste électorale permanente informatisée, la Cour n'a fait que confirmer sa position politique. A entendre le président du Cos-Lépi, Sacca Lafia et les autres membres de cette institution à propos du retard que connaissent les opérations pour la correction de la Lépi, c'est le gouvernement qui ne joue pas son rôle. Car le Cos-Lépi étant une structure qui dispose d'un budget autonome, l'exécutif a le devoir de mettre à sa disposition toutes les ressources nécessaires à la réalisation de la tache qui lui a été confiée. Le gouvernement peut à la fin des travaux faire un audit pour contrôler la gestion des fonds qu'il lui a donnés mais il ne peut pas conditionner le déroulement normal des opérations à la bonne gestion de l'argent qu'il a déjà donné. Lorsqu'il fait cela, c'est qu'il veut en même temps une chose et son contraire". Pour sortir de l'impasse le Prd a proposé une liste électorale informatisée ad'hoc sur la base de laquelle, on pourrait organiser les élections municipales et locales.  Cette proposition de loi est déposée au parlement. Mais la Cour a déclaré ce qu'elle a déclaré et que tous les béninois savent. La Cour est devenue une institution  oxymore. Ce qui revient à parler d’institution d’une « Obscure clarté » (Corneille). Le président de la République a encore deux semaines pour  convoquer le corps électoral s'il veut respecter la loi qui demande que le corps électoral soit convoqué à deux mois des élections. Si ce principe n'est pas respecté, les élections ne peuvent plus avoir lieu cette semaine. "Il faut revoir de toute urgence, la composition de la Cour constitutionnelle si nous voulons une démocratie plus juste et réaliste" a souhaité le président Houngbédji. 

Adrien Houngbédji qui a aussi invité le président Boni Yayi à sauvegarder la paix

 

La 5ème Université de vacances du Prd

 

Les cadres du Prd se sont donnés rendez-vous le week-end prochain à Avrankou pour la 5ème université de vacances du parti dont le thème  est: le code électoral et les prochaines élections au Bénin. L'objectif de cette rencontre qui est une tradition au sein du parti, est de décortiquer la loi sur les élections et d'apprécier le travail du Cos-Lépi. Les représentants du parti au sein du Cos-Lépi vont expliquer aux militants du parti ce qui est fait et surtout ce qui explique le retard dans le  bon déroulement des opérations devant permettre à notre pays d'avoir enfin une bonne liste électorale permanente informatisée capable de dissiper le désespoir des béninois qui ont encore du mal à oublier le cauchemar du K.O. de 2011. Cette rencontre devrait aussi permettre aux cadres du parti d'évaluer le nouveau code électoral afin de savoir si les réelles préoccupations du peuple ont été prises en compte par les députés dans cette nouvelle loi électorale. Le président Adrien Houngbédji a rappelé que c'est le Prd qui   a introduit dans le paysage politique béninois l'organisation des Universités de vacances et le parti est resté fidèle à sa tradition depuis. A ce propos, il fait savoir que "Le Bénin devrait se féliciter de l'existence du Prd qui entre deux congrès réunit ses cadres autour des sujets socio-politiques  d'importance pour dire sa position et surtout faire des propositions susceptibles de faire avancer la démocratie dans notre pays".

 

La position actuelle du Prd et son avenir politique

Le président Adrien Houngbédji s'est prononcé également sur ses relations actuelles avec le président de la République, les  prétendus appels incessants de ce dernier au Prd dans son gouvernement, la présence du Prd dans le bureau de la Céna et la question du retrait du droit de grève aux magistrats. Abordant chacun des points, le président du Prd a indiqué que le parti n'a jamais trahi ses convictions qui mettent toujours en avant les intérêts du peuple. "Nous avons posé au chef de l'Etat les conditions de notre participation au gouvernement. Cela doit passer par le dialogue et tous les partis doivent y prendre part au même titre que le Prd. « Nos discussions avec le président Yayi n'ont jamais porté sur le nombre de postes à donner au Prd ». Sur la question de la désignation du représentant des magistrats pour siéger au sein de la Céna, il fallait sortir le pays de l'impasse et faire avancer les choses au lieu de privilégier les intérêts particuliers. A ce sujet, il a fait savoir que seule la majorité parlementaire avait approché le Prd pour faire des propositions, l'opposition n'a à aucun moment discuter avec le Prd pour quoi que ce soit. Il conclut alors qu'on ne saurait parler de trahison puis qu'il n'y a pas eu de parole donnée et l'opposition n'a jamais dit qu'elle avait un candidat. A la question de savoir si le Prd a encore des chances de se faire compter parmi les grands partis de notre pays suite au départ massif de certains  de ces hauts cadres et maires, le président Houngbédji est plus que convaincu que le Prd est encore capable de confirmer ses performances. A ce sujet, il a une fois encore, regretté le retard dans l'organisation des élections communales et locales. "C'est en se faisant réélire aux élections comme conseiller, maire ou député que ceux-là peuvent montrer ce qu'ils valent. L'histoire nous relate que depuis vingt cinq ans, ceux qui viennent au parti pour chercher un poste ou autre et qui repartent aussitôt n'ont pas encore eu meilleure performance politique si ce n'est en se faisant nommer ministre, préfet, directeur de ceci ou de cela. Mais ils n'ont jamais fait plus que ça." Refusant de verser dans des querelles de personne, le président Houngbédji n'a pas tout de même esquivé les questions des journalistes au sujet des relations actuelles entre le maire Océni Moukaram de Porto-Novo et lui.

Evoquant un divorce politique, Houngbédji a dit sa part de vérité sur les sujets qui les divisent. Les rappelant, Adrien Houngbédji a précisé qu'il avait pensé qu'en sa qualité de président du parti dont est issu le maire, il avait le devoir de conseiller du maire. C'est dans cette posture qu'il a donné son avis au maire sur les dossiers relatifs à la construction d'un nouvel hôtel de ville, le projet de transport en commun dans la ville et la construction d'un parc d'attraction sur la berge lagunaire. Ces projets ne devraient pas être menés dans la précipitation et nécessitaient chacun de sérieuses réflexions pour éviter à la ville des éléphants blancs d'une part et une bonne répartition des projets de développement au niveau de la ville d'autre part. Mais c'était sans savoir que le maire avait d'autres objectifs que ceux du parti.

 

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