Politique
mardi avril 24, 2018
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Plus rien ne va entre les populations de la commune d’Adjarra Yaya Saka leur maire.  A travers une conférence de presseorganisée ce mercredi 3 septembre 2014 à l’hôtel HIB à Porto-Novo, élus, cadres, sages, jeunes et femmes de la commune réunis au sein d’un collectif ont dénoncé la gestion de leur maire.

A l’entame de la conférence, le premier adjoint au maire de la commune d’Adjarra, Tiamiyou Lagnika, porte-parole des populations a planté le décor en ces termes : « Le maire Yaya Saka, comme s’il n’y avait personne pour l’inquiéter, gère nos ressources publiques comme un héritage ou une société privée. Nous décidons de rompre le silence pour accomplir notre devoir de veille et de participation citoyenne en ce qui concerne le développement de notre chère commune, Adjarra. C’est pour assumer cette responsabilité que nous venons informer l’opinion publique nationale et internationale de la gestion peu orthodoxe, hasardeuse et opaque des ressources publiques de notre commune par le maire Yaya saka. Il  ne s’agit pas encore de faire le bilan des quatre années de gestion de notre maire, loin s’en faut. Il nous semble utile et pressant pour l’instant, de nous arrêter sur certaines intentions de notre maire qui traduisent très bien son insouciance du mieux- être des populations de la commune d’Adjarra. Il s’agit de certains pseudo- projets inscrits dans le dernier collectif budgétaire adopté sur fond de contestations et de division en juin 2014 par 10 voix  pour et 07 contre. Des projets dont la  nature laisse clairement voir qu’il s’agit des manigances et autres subterfuges pour dilapider les fonds des contribuables que nous sommes. Mais au fait, de quoi parlons-nous au juste ? Contre quoi protestons-nous au juste ? Pourquoi la population d’Adjarra boude – t – elle ce collectif budgétaire incongru? Les motifs sont de deux ordres à savoir : la violation des dispositions qui règlementent la bonne gouvernance locale d’une part et les faux projets inscrits dans ledit budget d’autre part… »

Tiamiyou Lagnika, a indiqué, que l’action n’a pour objectif que d’épargner à la commune d’Adjarra une gestion opaque et calamiteuse de ressources. Elle n’a rien  à avoir avec les clivages politiques, car les populations réunies viennent de tous les camps politiques a précisé l’orateur principal de la conférence de presse. Pour lui, il s’agit de sauver la commune d’Adjarra et de la mettre sur la voie du développement en mettant un accent sur la qualité des dépenses. En prenant appui sur le collectif budgétaire, le premier adjoint au maire Yaya Saka a établi que les ressources de la commune sont mal gérées. A cet effet, a-t-il précisé le collectif a adressé une correspondance ( ci-dessous au préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau pour contester la gestion faite de leur ressource par le maire Yaya Saka.

 

COLLECTIF DES ELUS, SAGES, CADRES,                                 Adjarra, le …………..2014

FEMMES ET JEUNES DE LA COMMUNE  

                           D’ADJARRA                            

 

                                                                                                       A

                                                                                                       Monsieur le Préfet des 

                                                                                                       Départements de l’Ouémé

                                                                                                       et du Plateau

                                                                                                       Porto-Novo.

Objet : Contestation de la gestion faite de nos  

               ressources publiques.               

 

                                                                                                             

                                            Monsieur le Préfet,

Nous avons l’honneur de venir respectueusement porter à votre connaissance ce qui suit : 

Il y a une sagesse de chez nous qui enseigne : « Lorsqu’on est assis sous un arbre et qu’on ne parle pas, c’est l’oiseau qui vous laisse ses fientes sur la tête. » C’est ni plus ni moins ce que notre autorité communale nous fait subir à Adjarra. Le Maire SAKA Yaya, comme s’il n’y avait personne pour l’inquiéter, gère nos ressources publiques comme un héritage ou une société privée. Nous décidons de rompre le silence pour accomplir notre devoir de veille et de participation citoyenne en ce qui concerne le développement de notre chère commune, Adjarra. C’est pour assumer cette responsabilité que nous venons à travers cette lettre ouverte, informer l’opinion publique nationale et internationale de la gestion peu orthodoxe, hasardeuse et opaque des ressources publiques de notre commune par le Maire SAKA Yaya. Il  ne s’agit pas encore de faire le bilan des quatre années de gestion de notre Maire, loin s’en faut. Il nous semble utile et pressant pour l’instant, de nous arrêter sur certaines intentions de notre Maire qui traduisent très bien son insouciance du mieux- être des populations de la commune d’Adjarra. Il s’agit de certains pseudo- projets inscrits dans le dernier collectif budgétaire adopté sur fond de contestations et de division en Juin 2014 par 10 voix  pour et 07 contre. Des projets dont la  nature laisse clairement voir qu’il s’agit des manigances et autres subterfuges pour dilapider les fonds des contribuables que nous sommes. Mais au fait, de quoi parlons-nous au juste ? Contre quoi protestons-nous au juste ? Pourquoi la population d’Adjarra boude – t – elle ce collectif budgétaire incongru? Les motifs sont de deux ordres à savoir : la violation des dispositions qui règlementent la bonne gouvernance locale d’une part et les faux projets inscrits dans ledit budget d’autre part.

 

I-                  LES MOTIFS RELATIFS A LA VIOLATION DES LOIS SUR LA BONNE GOUVERNANCE LOCALE

La convocation de la session consacrée à l’examen et l’adoption de ce collectif budgétaire n’a pas du tout respecté les dispositions légales en la matière. En voici les preuves :

1-    Le rapport détaillé de présentation du budget qui doit expliquer le contexte, la justification, l’opportunité et les motifs qui fondent la prévision de recettes et de dépenses soumises à l’appréciation des membres du conseil communal n’a pas été présenté.

2-    C’est à la veille de la tenue de la session que le projet de budget a été transmis aux conseillers. Or l’article 12 du règlement intérieur du conseil communal dispose que : « le projet de budget soumis à l’adoption du conseil communal doit être transmis aux conseillers trois (03) jours avant l’ouverture de la session ».  Cela a été fait à dessein. Il  s’agit d’une intention manifeste visant à empêcher les conseillers de faire une étude approfondie du projet de budget qui a abouti au collectif budgétaire.

3-    Le point d’exécution du budget primitif 2014 n’a pas été fait aux conseillers. C’est ce point qui devrait permettre de savoir le niveau des dépenses engagées et la situation des recettes effectuées.

4-    Au cours de la session, le principe de droit budgétaire qui est la spécialité des crédits n’a pas été respecté. De façon plus claire, au lieu de procéder à l’examen des propositions des dépenses de façon détaillée, cela a été fait par grande masse. Toutes ces insuffisances n’ont qu’un seul objectif, éviter la transparence et couvrir les manigances introduites dans le budget. 

C’est justement à ce niveau qu’il faut retrouver les autres motifs du rejet de ce collectif budgétaire par 07 des 17 conseillers. Il s’agit des crédits, frauduleusement inscrits et destinés à des projets ci-dessous.

 

II-              LES FAUX PROJETS INSCRITS DANS LE COLLECTIF BUDGETAIRE 2014

1-    Pendant les travaux de la correction de la Lépi, le Maire a créé un comité de suivi de la correction de la Lépi engageant ainsi des dépenses parallèles à celles du Cos-Lépi. En dépit des différentes et nombreuses démarches et réactions pour faire constater au Maire le caractère illégal de cette dépense, grande a été notre surprise de constater qu’un montant de 04 millions de francs CFA a été inscrit dans ce collectif budgétaire pour couvrir ces dépenses non éligibles qu’il a frauduleusement inscrit audit budget. Cette dépense devrait être prise en charge par SAKA Yaya en personne puisqu’il s’agit d’une activité de son mouvement politique FNDD dont les militants ont été mandatés par lui pour suivre les opérations de la correction de la Lépi pour son compte. Le conseil communal n’a jamais autorisé cette activité. Comment alors peut–il effectuer une telle dépense ?

D’autres dépenses prévues dans ce collectif interpellent toute bonne conscience et fait réagir même l’homme le plus débonnaire.

Tenez :

2-    Etude pour la réalisation d’une galerie marchande à Dossouvié (Honvié) dans un domaine réservé aux eaux de ruissellement : 15 millions de nos francs : comment peut-on choisir de construire un bâtiment sur un collecteur d’eaux ? Incurie ou mauvaise foi ?  

3-    Le budget de communication du Maire qui était à 38.500.000 francs CFA dans le budget primitif est passé à 59 millions dans le collectif budgétaire soit une augmentation de 20.500.000 Francs CFA pour couvrir ses sorties médiatiques. Nous ne serons pas désormais surpris de voir Golf TV montrer les déplacements de notre Maire de sa maison depuis Porto-Novo jusqu’à Adjarra dans une retransmission en direct. Ces  fonds supplémentaires serviront à couvrir juste les activités pour la période allant de juillet à décembre 2014. Voilà ce qu’on appelle dilapidation de fonds publics.  

4-    Ce qui surprend toute la population et suscite moult commentaires et réactions, c’est l’annonce du Maire, pour les raisons qu’il est le seul à savoir, de vouloir transformer la résidence administrative des Maires de la commune en Commissariat de police. Un projet pour lequel, il a fait inscrire un montant de 45 millions dans le présent collectif budgétaire. Malgré le refus catégorique des conseillers éclairés, ledit montant est toujours maintenu et adopté par SAKA Yaya et ses neuf autres complices. Or depuis la 1ère mandature de la décentralisation, un domaine a été réservé dans l’arrondissement de Médédjonou pour la construction d’un commissariat de police. Cela permettra une bonne occupation du territoire de la commune par des forces de l’ordre et de sécurité publique pour le bonheur des populations. A toutes fins utiles, nous faisons remarquer que ce projet de grande envergure n’a jamais fait l’objet de délibération en conseil. Lorsque le Maire a dévoilé cette intention à l’ancien Ministre de la sécurité publique HOUESSOU François lors de sa dernière visite dans la Commune, ce denier le lui a déconseillé. Voilà qui justifie l’entêtement de ce Maire.

5-    Il a inscrit une somme de 73.332.465 F CFA pour un soi-disant extension des bâtiments de la mairie. C’est seulement en 2010 qu’une première extension de ce joyau a pris fin et les bureaux des arrondissements qui devraient bénéficier de la même attention sont abandonnés dans un état de décrépitude avancée. Il s’agit ni plus ni moins d’une ruse pour détourner les fonds publics.

La population d’Adjarra veille au  grain. Nous disons non à cette gabegie, une véritable mascarade financière.

Invité en personne au lancement d’un document intitulé « Cybercriminalité, défi à l’éducation et à la morale » par l’Eglise catholique Sainte Famille d’Adjarra, Monsieur SAKA Yaya avait promis à titre personnel et certainement pour le populisme, d’acheter 500 exemplaires de ce document. Contre toute attente, il fait inscrire un montant de 708.000 francs CFA dans ce budget pour le remboursement de l’achat de ce document par les ressources publiques.  N’est-ce pas de la ruse ?

En tout cas, tout est clair, les dépenses de prestige, la ruse visant le détournement des fonds publics constituent les seules priorités de SAKA Yaya au détriment, bien sûr, de l’allègement des peines des populations. C’est pourquoi de grosses sommes sont prévues pour des dépenses inopportunes et des rubriques inconvenantes comme ci-dessus. L’essentiel des besoins de la population est sacrifié. En voici les preuves dans ce collectif budgétaire :

1-    Ouverture de voies pour l’accès aux parcelles recasées. De 25 millions prévus au budget primitif, ce montant est réduit dans le collectif budgétaire à 20 millions au grand dam de tous.

2-    Aménagement et reprofilage des voies : alors qu’il était prévu 50 millions dans le budget primitif, le montant est sans raison ramené à 38.132.100 F CFA. Or c’est au niveau de ces rubriques que la population devrait trouver son compte. Mais hélas, elle est laissée à ses souffrances quotidiennes. Les artères principales de la commune sont abandonnées à la dégradation de plus en plus avancée. Si le Maire  SAKA Yaya est  incapable de faire montre d’un minimum de vertus, la population d’Adjarra dans ses différentes composantes, n’est pas prête ni à encourager ni à accepter la culture des vices. Nelson Mandela enseigne : « Tout ce qui est fait pour un peuple, mais sans ce peuple est fait contre ce peuple ».

Telles sont Monsieur le Préfet, les préoccupations de la population d’Adjarra contre la gestion de notre Maire SAKA Yaya. Nous voudrions très respectueusement vous demander une prompte réaction pour empêcher la réalisation de ces pseudo-projets.

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, monsieur le Préfet, l’expression de nos salutations déférentes.

 

Copies

-         Ministre de la décentralisation 

-         Maire d’Adjarra

-         Président de l’ONG ALCRER

-         Receveur Percepteur/Ouémé-Plateau 

-         Receveur Percepteur/Adjarra 

-         Presse 

 

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