Politique
mercredi juillet 18, 2018
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 Le président de l'Assemblée nationale nigérienne, dont les pairs ont autorisé mercredi l'audition par la justice au sujet d'un trafic présumé de bébés, a quitté le Niger pour le Burkina Faso.

Hama Amadou, président de l'Assemblée nationale nigérienne suspecté d'être impliqué dans un vaste trafic de bébés,

a quitté mercredi 26 août Niamey pour se rendre au Burkina. "Je peux vous dire qu'il a quitté discrètement le pays et est actuellement à Ouagadougou, au Burkina Faso, dont les autorités ont confirmé la présence", a déclaré un responsable de l'opposition nigérienne, confirmant une information de la télévision d'État et d'une chaîne privée.

Quelques heures plus tôt, le bureau politique de l'Assemblée nationale avait autorisé l'audition de Hama Amadou par le juge d'instruction en charge d'enquêter sur un important trafic de bébés en provenance du Nigeria, ce qui ouvre la voie à une potentielle arrestation. Selon Mohamed Ben Omar, député proche du pouvoir et membre du bureau, la levée de l'immunité parlementaire du président de l'Assemblée nationale n'est pas encore requise à ce stade de l'enquête.

Hama Amadou est considéré comme le principal adversaire du chef de l'État, Mahamadou Issoufou, pour l'élection présidentielle de 2016. L'une de ses épouses est actuellement écrouée dans le cadre de cette affaire retentissante qui a crispé le climat politique dans le pays.

"Il doit se mettre à la disposition de la justice"

"Nous pensons que pour l'honneur et la respectabilité de notre institution, il (Hama Amadou) doit (se mettre) à la disposition de la justice, a indiqué Mohamed Ben Omar. Il ne faut pas que nous basculions dans la rupture d'égalité des citoyens devant la loi. Pour une même affaire, des Nigériens croupissent en prison depuis des mois et d'autres sont en liberté".

Le conseil des ministres avait transmis mardi au Parlement une "requête" du ministre de la Justice pour qu'Hama Amadou puisse être entendu. L'opposition a rapidement dénoncé l'illégalité de la mesure. Le règlement intérieur du Parlement ne permet pas à "un bureau de l'Assemblée nationale de livrer un député à la justice ou de le faire arrêter", a ainsi réagi Tidjani Abdoulkadri, l'un de ses députés. "L'arrestation suppose nécessairement la levée en amont de l'immunité d'un député par l'Assemblée nationale" réunie "en plénière", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse. Selon une source parlementaire, Hama Amadou a de son côté saisi le Conseil constitutionnel pour qu'il se prononce "sur la légalité" de la procédure.

Trafic international de bébés

Dix-sept personnes, dont 12 femmes, ont été écrouées fin juin au Niger dans une affaire de trafic international de bébés entre le Nigeria, où ils ont été conçus, le Bénin et le Niger. Toutes ont été inculpées de "supposition d'enfant" (délit qui consiste à attribuer la maternité d'un enfant à une femme qui ne l'a pas mis au monde), "faux et usage de faux" et "déclaration mensongère".

Le ministre nigérien de l'Agriculture Abdou Labo, dont l'une des épouses fait partie des femmes détenues, a été incarcéré samedi. Fin juillet, Hama Amadou avait dénoncé une affaire "politique". "Nous allons bannir ce trafic honteux, quelle que soit la personne impliquée", avait répondu le ministre de la Justice.

La rupture entre Hama Amadou et la majorité date d'août 2013, quand l'ex-principal allié de Mahamadou Issoufou a rejoint l'opposition pour protester contre une refonte du gouvernement. Les partisans du chef de l'État ne disposent pas des deux tiers des députés requis pour destituer le président du Parlement.

 

(Avec AFP)

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