Politique
mercredi septembre 26, 2018
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Alors que le goût amer résultant de l’organisation et des résultats des présidentielles n’est pas encore dissipé, un nouveau coup électoral se prépare pour les élections législatives et plusieurs faits et situations du pouvoir et/ou de ses satellites semblent bien confirmer la chose.

Jean-Marc Aurèl AGOSSOU

Les exigences de l’Union fait la Nation portées par la voix de son président Bruno Amoussou la mardi 29 mars 2011 dernier pour l’organisation des élections législatives étaient : « La liste électorale pour les législatives soit complètement purgée, pour qu’elle soit publiée partout et sur Internet comme l’exige la loi, que celle des bureaux de vote soit aussi publiée et que ces derniers soient placés dans les lieux où les populations avaient l’habitude de voter, que le mode de vote dérogatoire soit revu et corrigé… ». Les lois électorales exigent dans ce sens que la liste électorale et celle relative aux bureaux de vote soient publiées quinze jours avant le jour du scrutin. Il est loisible de constater que les mêmes maux dénoncés à la veille des présidentielles et qui ont sérieusement affecté ces dernières, persistent et s’épaississent. Toutes choses égales par ailleurs, le fameux K.O réaffirmé par la Cour Constitutionnelle trouve aussi ses explications dans le grand flou et le désordre consécutifs de l’absence d’une liste électorale complète et fiable, de la non-publication des bureaux de vote. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un K.O pour les législatives exprimé sous la forme d’une majorité parlementaire, n’est pas exclu si les choses en restaient là.

La liste Fcbe et la liste Amana

Ensuite, et chose surprenante au regard de ce qui précède, le report du début de la campagne électorale et de l’élection législative elle-même ne sont pas intervenus pour cause de listes d’électeurs ou de bureaux de vote. La Cena par la voix de son porte-parole a évoqué des raisons liées l’étude de dossiers, la validation de la liste des candidats. Honorat Adjovi a ajouté à ces raisons, les éventuels rejets de dossiers, les délais prévus pour les recours et l’homologation de Cour Constitutionnelle. Doit-on donc s’attendre à un nouveau report pour cause de listes électorale et de bureaux de vote ? La question reste posée et la réponse est venue du Conseil des Ministres qui a convoqué le corps électoral pour le samedi 30 avril 2011. Cette réponse en elle-même appelle une autre interrogation : l’étude des dossiers et tout ce qui suit suffisent-ils pour justifier ce long report de près de deux (02) semaines que vient de décider le Gouvernement Yayi ? Mais le plus intéressant dans ce report sollicité par la Cena, autorisé par la Cour Constitutionnelle et confirmé par le Gouvernement, est qu’il a pour conséquence, de possibles modifications des listes de candidatures déposées. Chose curieuse, jusqu’à l’heure actuelle, le Chef de l’Etat insiste pour avoir le moins de listes possibles au niveau de la mouvance. Certaines langues parlent d’une exigence de Boni Yayi pour un maximum de deux listes. Il s’agit de la liste Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) et la liste Amana c’est-à-dire trésor. Selon des indiscrétions, pour Boni Yayi tous ceux-là qui s’opposeront à ces deux listes ne sont pas sur les mêmes longueurs d’ondes que la majorité présidentielle. Le report au niveau de la Cena serait-il en arrière plan, une circonstance temporelle pour que l’exigence du Chef de l’Etat soit satisfaite ? Le cas échéant, il s’agirait d’une manœuvre pour maximiser les chances de Boni Yayi d’avoir le maximum de députés acquis à sa cause pour avoir une coudée véritablement franche au sein de la 6ème Législature. Ce maximum envisagé et qui ne pourrait être obtenue avec la multiplicité de listes proches de Yayi conduites par André Okounlola, Léon Bani Bio Bigou, Etienne Kossi, Pascal Irenée Koupaki, Barnabé Dassigli, Marcel de Souza, Patrice Hounsou-Guèdè, Marcellin Zannou, Chantal de Souza épouse Yayi…, cette majorité parlementaire envisagée, n’aura d’autre nom qu’un nouveau K.O.

La même Cena, la même Cour

Dans les rangs de Boni Yayi aussi bien que dans ceux des candidats Houngbédji, Bio Tchané, la Cena de même que la Cour Constitutionnelle ne sont pas restées irréprochables dans l’organisation et la proclamation des résultats des élections présidentielles. A ce sujet et parlant de la victoire de Yayi, Célestine Zanou dira par trois fois jeudi dernier : « Boni Yayi déclaré élu par la Cour Constitutionnelle !» mettant ainsi la victoire du Président-candidat à l’actif de la Cour Constitutionnelle. A tort ou à raison beaucoup estiment que les présidents de la Cena et de la Cour Constitutionnelle sont non seulement proches du Chef de l’Etat mais qu’ils seraient aussi en mission auquel cas, la mission pourrait bien continuer avec les législatives. Un nouveau K.O «majorité parlementaire absolue» obligerait !!!

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