Politique
jeudi janvier 18, 2018
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Alors que le Président de la Cena met un point d’honneur à démontrer que les listes électorales, les listes des bureaux de vote et tous les autres éléments entrant en ligne de compte pour la bonne tenue des élections législatives du 30 avril prochain, ça chauffe au sein des hommes et femmes à qui reviennent le gros lot du travail électoral. Les Ced, les Cec et les Cea, sont toujours remontés contre le président de la Cena. Ils posent comme principales revendications le paiement des primes dues et la correction sinon l’amélioration des taux prévus au regard de ceux des membres/Cena et compte tenu de la quantité de travail qu’ils abattent. C’est d’ailleurs pourquoi, ils ont refusé de réceptionner le matériel lourd censé être dans les bureaux départementaux depuis au moins dix (10) jours déjà. Mieux à travers la déclaration liminaire ayant précédé les échanges qu’a eu La Conférence des Présidents CED de la CENA 2011 ce 25 avril, il ressort que la menace sur les législatives prochaines est bien réelle. Voici un extrait de la déclaration et le tableau récapitulatif des primes querellées.

Francis Z. OKOYA

« ….Depuis quelques jours le peuple béninois et le monde entier observent par vos canaux que les démembrements de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA 2011) que sont les CED, les CEC et les CEA se sont engagés dans un mouvement de débrayage sur toute l’étendue du territoire national.

En effet, comment en est-on arrivé à ce mouvement ? Quels en sont les tenants et les aboutissants et où en sont aujourd’hui la CENA 2011 et ses bras actifs à quelques jours de la date prévue pour la tenue des élections législatives ?

Ce sont autant de points sur lesquels il faille lever un coin de voile, j’allais dire sur lesquels, il faut tout dire. Et c’est justement à cet objectif que répond la présente conférence de presse.

Mesdames et Messieurs les objecteurs de conscience de quoi il s’agit en réalité ?

Un mois après l’installation de ses démembrements immédiats que sont les CED, la CENA a rencontré ces derniers pour la première fois, le 03 mars 2011. A cette séance, elle a remis à ceux-ci trois feuillets représentant des points parcellaires du Budget Général des élections. A la demande des Présidents CED de mettre l’entièreté du Budget des élections à leur disposition ; ce fut un ” non ” catégorique qui leur est servi !!!

Mais entre temps le 1er tour des élections présidentielles était fixé au 13 mars 2011. Et dans l’accomplissement de leurs rôles pour élire le 1er magistrat du Benin, les démembrements de la CENA étaient confrontés à d’énormes difficultés sur le terrain. En son temps, ils avaient voulu prendre l’initiative d’une protestation qui hypothéquerait la présidentielle. Mais compte tenu de la très forte tension sociale et politique qui couvait à l’époque, les démembrements de la CENA ont décidé en toute conscience de surseoir à tout mouvement pour se soustraire de toute interprétation malveillante d’une quelconque manipulation politique de leur action. Ceci fut davantage motivé lorsqu’ils envoyèrent au Président de la CENA, le 09 mars 2011, une correspondance faisant état du point de leurs besoins pour mieux réussir leurs diverses missions. Signalons qu’à l’époque dès réception de ladite correspondance, le Président de la CENA a personnellement demandé et reçu en audience les représentants des CED du Bénin que sont les Présidents des CED de l’Atlantique et du Littoral. A cette rencontre, la CENA a demandé une trêve afin que le 1er tour des présidentielles quitte à ce que tel que lui-même l’a suggéré et a retenu la date du 15 mars 2011 pour recevoir les représentants des CED pour étudier les besoins et doléances soulevés par ses démembrements.

Malheureusement, cette nouvelle audience n’a pas pu avoir lieu jusqu’au moment où, le 25 mars 2011, la Conférence des Présidents des CED, après une séance de travail avec le Président de la CENA lui a envoyé une deuxième correspondance relative aux diverses propositions pour résoudre les doléances soulevées afin d’éviter la survenance d’une éventuelle crise entre la CENA et ses démembrements. Malheureusement rien n’y fit alors que l’attitude des membres de la CENA 2011 à cacher le Budget Général des élections de 2011 à leurs collègues des démembrements a motivé ceux-ci à aller dénicher le ” trésor ” dissimulé. Ce fut une stupéfaction généralisée qui nous a projeté littéralement au bord de l’apoplexie et a failli de peu de nous arracher les amygdales !!!

Ce qui y est découvert au titre de traitement pécuniaire des membres CENA est effarant, renversant et inquiétant !!! En clair, c’est de la pure injustice qu’il est question dans le budget de fonctionnement que les membres de la CENA 2011 se sont donné au détriment de leurs collègues des démembrements confinés dans le dénuement !!!

A titre d’exemples, on note que pendant qu’un membre CENA perçoit par jour pour dotation en carburant pour son fonctionnement la somme de 12.000 F.CFA, son collège membre CED est à 2.000 F.CFA par jour ! Cet état de chose est davantage inacceptable quand on sait que la CENA elle-même a alloué une voiture Pick-up à chaque Président CED pendant que les autres membres CED ont chacun une moto. Comment peut-on donner la même dotation de carburant à une automobile et à une moto ?

Aussi, les membres de la CENA dans leur budget de fonctionnement se sont octroyés chacun des primes de travaux de nuit et de risques de montants respectifs de Deux Millions Cinq Cents Mille (2.500.000) F.CFA et de Trois Millions Cinq Cents Mille (3.500.000) F.CFA pendant que pour leurs collègues des démembrements notamment ceux des CED et CEC en contact permanent avec les populations aucun montant n’est prévu à leurs budgets. C’est étonnant quand on sait que les risques pendant les élections ne se prennent pas à Ganhi dans des bureaux climatisés mais sur le terrain où fonctionnement les CED, CEC et CEA.

A titre d’exemples, un de nos collègues nommément le Président de la CED-COLLINES a été agressé à la hauteur de la Pharmacie Camp Guézo, le 26 mars 2011 alors qu’il était en mission à Cotonou, par deux individus qui lui ont notamment déclaré clairement être en mission pour lui donner une punition au motif qu’il aurait orchestrée une ” prétendue fraude ” au profit du Président Boni YAYI !!! Au terme de cette lâche agression, il s’en est sorti malheureusement aujourd’hui avec le bras droit fracturé. Mais pendant ce temps les poches se remplissent au siège de la CENA 2011.

Mesdames et Messieurs chers journalistes, le festin pour le partage du gâteau CENA 2011 s’est surtout opéré autour de l’attribution de ce que nos collègues de la CENA ont appelé ” Allocation forfaitaires de supervision”.

En effet, pour cette prime qui, du reste n’est pas de leur attribution, chacun des membres de la CENA 2011 gagne entre la somme de Huit Millions Neuf Cents Mille (8.900.000) F.CFA et Sept Millions Six Cents Cinquante Mille (7.650.000) F.CFA pendant qu’aucun franc n’a été prévu pour les membres des démembrements notamment les CED. Alors que l’activité de supervision des élections au regard de l’article 20 alinéa 5 de la Loi n°- 2010-33 du 7 janvier 2011 portant règle générales des élections en République est du ressort direct des Commissions Electorales Départementales (CED).

Mesdames et Messieurs les journalistes à la lumière de ce tableau comparatif, vous, le peuple béninois ainsi que le monde entier comprendront avec nous que ce qui divise fondamentalement aujourd’hui la CENA 2011 et ses démembrements est que pendant qu’un membre simple de cette institution chargée d’organiser les élections de cette année empoche au minimum dans sa gibecière la somme de Vingt Deux Millions Trois Cents Quarante Cinq Mille (22.345.000) F.CFA au titre de ses primes et dotations, son collège Président d’une CED ne gagne même pas la somme d’Un Million (1.000.000) F.CFA. Alors que vous savez tous que les opérations électorales se tiennent sur le terrain et donc dans les démembrements pour qui un traitement d’injustice est fait. Et, nous n’avons surtout pas compris comment le Ministre d’Etat KOUPAKI et son collègue de l’Economie et des Finances, le grand frère Idrisss DAOUDA ont pu valider un tel Budget des élections qui maintient les démembrements de la CENA dans un dénuement pendant que leurs collègues de la CENA se la coule douce !!!

Mesdames et Messieurs les journalistes, la conséquence de cette liberté pécuniaire que nos collègues de la CENA 2011 se sont donnée est le constat aujourd’hui de l’agrandissement pour presque tous de leur parc automobile personnel d’un à deux véhicules. Vous verrez donc aujourd’hui que la cour de la CENA pullule de nouvelles voitures aux immatriculations IP. L’abondance est ainsi déjà étalée au grand jour pendant que depuis plus de deux mois que le 1er tour de la présidentielle a eu lieu des Agents de Bureau de Vote (ABV) reste encore non payés sur toute l’étendue du territoire national et la CENA s’apprête à procéder encore à la formation de ces derniers pour les législatives. Comment est-il possible que vous ayez utilisé un individu pour une tâche sans pouvoir le payer et lui demander quelques jours plus tard d’être à vos côtés pour la même activité. C’est anachronique !!!

Aussi, attirons-nous l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur le fait que depuis plus de deux mois que les CED sont hébergées par des particuliers ces derniers ne sont pas jusqu’à cette date payés et nous sommes à quelques jours de la fin du processus électoral.

Si la naissance de la présente crise a du amener le Président de la CENA a prendre l’initiative pour enfin libérer certaines dotations de ses démembrements déjà contenues dans le Budget des élections, il reste que les doléances soulevées ne sont pas encore résolues et constituent la pierre d’achoppement entre l’institution et ses bras actifs . C’est vous dire Mesdames et Messieurs les journalistes qu’à la date d’aujourd’hui la crise entre la CENA et ses démembrements demeure en entier. Et au lieu de chercher à la résoudre certains membres de la CENA s’activent maladroitement à prendre contact avec des démembrements à coup d’espèces sonnantes pour les amener à rompre les rangs. Nous les mettons en garde contre cette manœuvre indigne et qu’ils se le tiennent pour dit que s’ils ne cessent à l’instant même cette basse besogne, nous allons commencer dans les tout prochaines heures de mettre sur la place publique avec documents à l’appui, les divers marchés qu’ils se sont octroyé ainsi que les chiffre des commissions qu’ils ont perçu indûment auprès des prestataires à qui des marchés de centaines de millions sont attribués de gré à gré en violation des normes réglementaires.

Avouons que le Président GNONLONFOUN a certes la volonté de trouver une solution aux diverses doléances des démembrements de la CENA dont il a déjà rencontré par trois fois, le Comité de Coordination de la Conférence des Présidents CED, mais le goulot d’étranglement reste toujours non levé et pourrait mettre en péril la tenue des législatives.

Mesdames et Messieurs les journalistes, les démembrements de la CENA 2011 sont disponible et disposés à accompagner celle-ci dans la tenue des législatives pour la date du 30 avril 2011. Mais nous venons ici dire haut et fort qu’il faudra qu’on nous écoute et puisse trouver une solution aux problèmes soulevés afin de sauver le renouvellement de notre parlement. Car, si à la CENA 2011, l’opportunité est donnée à certaines personnes de se la couler douce en se ” sucrant ” dans l’attribution des marchés aux prestataires, ce n’est pas le cas dans les démembrements qui, non seulement ne sont pas logés à une enseigne heureuse mais sont brimés dans leurs droits aux frais de mission qui sont calculés de manière fantaisiste à la tête du client. Toute chose qui contribue à vicier l’ambiance de travail entre la CENA et ses démembrements et il faille que le Ministre de l’Economie et des Finances prennent rapidement ses responsabilités afin qu’une autre crise ne naisse dans la grande crise qui divise aujourd’hui la CENA et ses bras actifs.

A cet effet, nous voulons saisir l’opportunité que vous nous offrez pour très respectueusement en appeler à l’arbitrage du Chef de l’Etat en qui nous plaçons aujourd’hui toute notre confiance pour le dénouement de la crise née aujourd’hui entre la CENA et ses démembrements. Car, l’esprit de justice et de prospérité partagée que promeut chaque jour le Président de la République ne doit pas être l’apanage d’un seul clan dans notre pays.

C’est lui, le Chef de l’Etat du Bénin qui a autorisé la mise à disposition de la CENA 2011 de fonds publics. Et, si ces fonds publics pour lesquels nous sommes tous contribuables, une partie du pays doit s’en arroger la grosse part au détriment de la grande masse conviée à une même tâche républicaine que ceux qui se prennent pour les princes de la République, il reviendra au Président Boni YAYI de siffler la fin de la récréation pour que tout rentre dans l’ordre afin que les élections législatives se tiennent effectivement le 30 avril 2011.

Une fois encore, la Conférence des Présidents CED appelle le Président Boni YAYI au secours car, s’il ne le sait pas, nous profitons de cette tribune pour lui dire que nous lui avons déjà déposé un mémorandum sur la présente à son Secrétariat Administratif qui doit le lui transmettre. Mais, comme vous le savez, dans les couloirs de l’Administration publique béninoise beaucoup de choses et nous craignons d’ores déjà notre correspondance ne lui parvienne vu toute l’armada offensive déployée par nos collègues de la CENA 2011 pour nous étouffer.

Fait à Cotonou, le 25 avril 2011

La Conférence des Présidents CED de la CENA 2011

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