Dossier
mercredi juillet 18, 2018
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Qu'ils soient animistes, chrétiens ou musulmans, les leaders religieux du continent possèdent souvent une influence considérable sur les plans politique et économique. Connaissez vous les plus importants d'entre eux ?


En Égypte, le grand mufti d'Al-Azhar dénonce les exactions de l’État islamique ; en RDC, les évêques catholiques réaffirment leur opposition à toute modification de la Constitution qui permettrait à Joseph Kabila de se représenter en 2016 ; en Afrique du Sud, Desmond Tutu dénonce la pénalisation de l'homosexualité, soutient la Cour pénale internationale et s'oppose aux dérives du président sud-africain Jacob Zuma. Des prises de position qui portent souvent bien au-delà du continent et qui témoignent qu'en Afrique, les leaders religieux sont des acteurs fondamentaux de la société, non seulement sur le plan spirituel, mais aussi dans les domaines politique et économique.
Sans volonté de classification, nous avons établi une liste non exhaustive de 15 de ces personnalités hors du commun, qui sont souvent courtisées, craintes ou vénérées par les puissants du continent. Un choix guidé par plusieurs critères comme le nombre de fidèles à un même culte, la dimension internationale de ceux qui les représentent ou les encadrent, ou encore tout simplement le poids moral, politique et économique de ces derniers.
Certains regretteront la sous-représentation dans cette liste des animistes. Une faiblesse qui s'explique par la diversité des cultes par rapport aux "poids lourds" que sont le christianisme, l'islam et les églises évangéliques ou syncrétiques. Mais il nous a paru important de mentionner, à travers l'un de ses prêtres les plus célèbres, une religion ancestrale qui a essaimé bien au-delà du continent : le vaudou.

Benoît Adeogun, Christianisme céleste (Bénin)

Chef du christianisme céleste depuis 2010, Benoît Bennett Akande Adeogun, 64 ans, a officié au Bénin, au Nigeria et au Royaume-Uni. Créée en 1947 au Bénin, son église possède des fidèles en Afrique, aux États-Unis, en Europe et aux Antilles. Le plus connu d’entre eux est l’ancien président centrafricain François Bozizé. (© D.R.‬)

David Oyedepo, Église de la foi vivante (Nigeria)

David Oyedepo (60ans) est à la tête d’une vaste organisation qui comprend des centaines d’églises dans le monde, des universités, des chaînes de télévision… Le plus populaire des pasteurs évangéliques africains dispose d'un revenu net de 104 millions d’euros par an selon Forbes. Il prêche chaque dimanche devant 50 000 fidèles dans son immense église, le Tabernacle de la foi, et visite régulièrement en jets privés ses églises disséminées aux quatre coins du monde. (© D.R.)


Ni-Mantche, grand chef vaudou de la divinité Maman Kole (Togo)

Principal officiant de la divinité Maman Kole du sud du Togo, Ni Mantche est l’un des prêtres vaudous africains les plus célèbres. Lors de la prise de la "pierre sacrée" qui rassemble des adeptes venus du monde (principalement du Togo, du Ghana, du Bénin, d'Haïti et du Brésil) il fait partie du comité restreint chargé de délivrer le message des divinités. (© D.R.)

Simon K. Kiangani, Église kimbanguiste (RDC)

Simon Kimbangu Kiangani serait né le 12 octobre 1951, au moment même où décédait son grand père du même nom, fondateur de l’Église kimbanguiste dont la ville sainte est N'Kamba (Bas-Congo, RDC). Il en est le chef spirituel depuis 2001 et revendique 22 millions de fidèles dans le monde. (© D.R.)


Owo Lobè, empereur mondial Ogboni (Bénin)

Ancien chauffeur de véhicules administratifs, Abibou Adam a été intronisé empereur mondial de la fraternité Ogboni sous le nom de Kabiessi Owo Lobè en mai 2009, à 50 ans. Né au Bénin dans les années 1950, son mouvement est un syncrétisme ancré dans la "tradition". La fraternité regrouperait plus de 16 millions d’initiés dans le monde. (© D.R.)

Pape Théodore II d'Alexandrie (Église copte orthodoxe, Égypte)

Théodore II ou Tawadros II, né Wagih Subhi Baqi Sulayman, est devenu le 118e primat de l'Église copte orthodoxe, le 4 novembre 2012, le jour même de ses 59 ans. Pape d'Alexandrie et patriarche de toute l'Afrique et du siège de Saint Marc, il est le chef d’une communauté de près de 15 millions de fidèles répartie sur 11 métropoles et 51 diocèses. (© AFP)

Chawqi Allam, grand mufti de la mosquée Al-Azhar (Égypte)

Shawki Ibrahim Abdel-Karim Allam est depuis février 2013 le 19e grand mufti de la mosquée Al Azhar, plus haute autorité de l'islam sunnite. Il possède aussi une forte dimension politique, étant la principale source d'autorité religieuse du gouvernement et responsable en vertu de la loi égyptienne de l’examen des condamnations à mort dans un pays de 86 millions d'habitants.

Mohammed VI, commandeur des croyants (Maroc)

Mohammed VI, 51 ans, roi du Maroc depuis 1999 est également le commandeur des croyants (Amir al-Mouminine), ce qui fait de lui la plus grande autorité religieuse du pays. Un titre consacré par la Constitution marocaine, qui correspond à la fonction de calife, successeur du Prophète dans l'islam. (© AFP)

Alhaji Sa'adu Abubakar III, sultan de Sokoto (Nigeria)

Amirul Mumineen Sultan Muhammadu Sa'ad Abubakar IV, 20e sultan de Sokoto, est considéré comme le chef spirituel de 70 millions de musulmans au Nigeria, près de la moitié de la population du pays. À 60 ans, il a succédé à son mort en 2006 dans un accident d’avion. Son autorité dépasse les frontières du Nigeria et couvre une partie du nord du Cameroun. (© AFP)

Youssef al-Qaradawi, prédicateur sunnite d'origine égyptienne

Youssef al- Qaradawi, 88ans, est président de l'Union internationale des savants musulmans (oulémas) et membre de la confrérie des Frères musulmans. Déchu de la nationalité égyptienne par Nasser, il s'est réfugié en 1970 au Qatar, pays dont il a acquis la nationalité. Le prédicateur sunnite est très influent dans le monde musulman, notamment grâce à ses interventions hebdomadaires sur la chaîne Al-Jazira. (© AFP)

Serigne Cheikh Mbacké, Khalife des mourides (Sénégal)

De son vrai nom Sidy El Moctar Mbacké, il est devenu en 2010, à 86 ans, le khalife général des mourides, une confrérie de près de 3 millions d’adeptes principalement au Sénégal. Exerçant une forte influence sur la scène politique du pays, le khalife règne en maître à Touba, capitale spirituelle du mouridisme et véritable État dans l'État. (© D.R.)

Desmond Tutu, archevêque anglican (Afrique du Sud)

Archevêque du Cap pour l’église anglicane entre 1986 et 1996, Desmond Tutu, même retraité, reste une figure incontournable en Afrique du Sud, tant sur les plans religieux que politique. Prix Nobel de la paix en 1984 pour son combat contre l'apartheid, Tutu a présidé la commission vérité et réconciliation créée par le président Nelson Mandela en 1995. (© AFP)

Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa (RDC)

Élevé au rang de cardinal en 2010, Laurent Monsengwo (75ans) primat de RDC, est devenu en 2013 le représentant de l’Afrique au sein du conseil des 9 cardinaux chargés de conseiller le pape François sur les réformes du gouvernement de l’Église catholique. Il a présidé les travaux de la Conférence nationale souveraine du Zaïre en 1991-92 et possède depuis une influence politique importante en RDC. (© AFP)

Cardinal Robert Sarah, conseil pontifical Cor Unum (Guinée)

Plus jeune archevêque du monde lors de sa nomination à Conakry en 1979, Robert Sarah s’est montré critique vis-à-vis de tous les régimes politiques de son pays. Aujourd’hui âgé de 69 ans, il préside le conseil pontifical Cor Unum, qui gère les activités caritatives du Vatican dans le monde. (© AFP)

Cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Douala (Cameroun)

Christian Tumi (84 ans) a été créé cardinal en 1988. Aujourd'hui à la retraite de sa charge d'archevêque, il reste encore la figure incontournable de l’Église catholique camerounaise et n'a jamais cessé de s’exprimer sur les questions sociales et politiques. Il s’est notamment opposé en 2011 à la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle. (© AFP)

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