Dossier
vendredi janvier 19, 2018
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La menace plane. Après les douaniers il y a quelques années, les magistrats béninois pourraient bientôt être privés de droit de grève. Des tractations seraient d’ailleurs en cours en ce moment pour doter notre pays d’une loi qui va interdire aux magistrats d’aller en grève.

A l’Assemblée Nationale, une proposition de loi serait en train d’être mise au point pour empêcher les magistrats d’aller désormais en grève. Les auteurs de cette proposition de loi ne seraient rien d’autres que des députés proches du régime du changement, ceux-là même dont les services avaient été sollicités à l’époque pour interdire aux douaniers de paralyser l’administration douanière. Ils seraient prêts à tout pour se plier à la volonté du Chef de l’Etat qui veut définitivement en finir avec les grèves qui paralysent depuis des mois l’appareil judiciaire.

Face à cette initiative en gestation, des voix s’élèvent déjà. Au nombre de ces voix, on peut compter celle de M. Michel Adjaka, Président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab). Pour lui, si cette loi venait à être approuvée, elle violerait les dispositions de l’article 31 de la Constitution qui stipulent que « : « L'Etat reconnaît et garantit le droit de grève. Tout travailleur peut défendre, dans les conditions prévues par la loi, ses droits et ses intérêts soit individuellement, soit collectivement ou par l'action syndicale. Le droit de grève s'exerce dans les conditions définies par la loi ». 

« S'il est acquis aux honorables députés le droit d'initier des propositions de loi, il est évident que ce droit à eux accordé doit s'exercer dans le strict respect de la loi fondamentale », pense le Président Michel Adjaka pour qui, plutôt que de proposer une loi pour interdire aux magistrats d’aller en grève, les députés proches du pouvoir en place feraient mieux de l’aider à régler les problèmes réels qui se posent à la justice béninoise. 

Au Bénin, au moyen de nominations irrégulières, il est à retenir que Kandi est sans Président, Natitingou sans 2ième cabinet, Abomey et Porto-Novo sans Procureur, Aplahoué et Lokossa respectivement sans juge d'instruction ni 2ième cabinet d'instruction, Cotonou sans 4ième cabinet, la Cour Suprême sans Procureur Général. C’est malheureusement le constat. Et comme on le sait si bien, un pays dans lequel l’appareil judiciaire est en panne n’offre aucune garantie pour la prospérité des affaires et le développement, surtout dans un contexte où pointe à l’horizon le spectre de la radicalisation du bras de fer Gouvernement-Unamab.

Bill Nazard (Coll)

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