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jeudi janvier 18, 2018
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Marc KOSSOU


Le Chef de l’Etat, Patrice Talon vient une fois encore de montrer combien de fois il est futé non seulement aux Béninois,

en général ; mais aussi au monde syndical, en particulier. En effet, le chantre du Nouveau départ, de la Rupture puis du Bénin révélé a, d’après le relevé du conseil des ministres en date du mercredi 30 Août 2017, décidé d’octroyer 300 millions de francs Cfa (200 millions pour le compte de l’année 2017 et 100 millions pour les arriérés des années antérieures). A priori, cette décision est salutaire vu que le gouvernement du président Talon a émis, depuis l’avènement de la Rupture, de négocier avec les partenaires sociaux que représentent les centrales et confédérations syndicales. Mais, tout porte à croire que le Chantre du Nouveau départ, de la Rupture puis du Bénin révélé est dans sa logique : celle de maîtriser les grands électeurs ou ceux qui sont capables d’influencer les grands électeurs. En effet, en communiquant autour non seulement de l’octroi des primes de rentrées aux enseignants, de l’envoi d’une première partie des subventions aux écoles, collèges et lycées, mais également sur l’octroi des subventions aux centrales et confédérations syndicales, le gouvernement de Patrice Talon entend montrer aux Béninois en général mais aussi au monde syndical qu’il a joué sa partition pour une rentrée scolaire 2017-2018 apaisée. Pour être un peu plus clair, on se demande si Patrice Talon veut-il clouer le bec aux secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales. Et pour cause, plusieurs secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales se posent la même question. C’est le cas de Anselme Amoussou, Sg de la Confédération syndicale autonome du Bénin (Csa-Bénin). En effet, pour le Sg de la Csa-Bénin, plusieurs interrogations méritent d’être posées suite à la communication qui se fait autour de l’octroi des subventions aux centrales et confédérations syndicales par le gouvernement. L’homme se demande se demande pourquoi le lien forcé que l'on semble établir avec les préparatifs de la rentrée académique ? Pourquoi rendre publique un acte banal de positionnement de fonds destinés à subventionner des organisations sociales ? Pourquoi le faire seulement cette année et pas l'an dernier? Pourquoi le faire à la veille de la rentrée ? Pourtant cette subvention est devenue une tradition depuis plusieurs années et nombre de régimes se sont succédé et ont tous maintenu cette mesure sans tambours ni trompettes. « Je ne peux m'empêcher de voir dans ce comportement  comme une volonté réelle de provoquer et d'entretenir l'amalgame », a laissé entendre Anselme Amoussou, Sg de la Csa-Bénin. Ce dernier se désole de la réaction de nombreux citoyens qui semblent justement tomber dans le piège de la communication orientée du gouvernement et qui déjà assimilent le paiement de la subvention à un acte de corruption sinon à une sorte d'achat du silence des organisations syndicales. « Comme si ce paiement était inédit et à l'actif du pouvoir de la rupture. Comme si le gouvernement actuel était le premier à mettre en place cette pratique. Comme si la subvention était destinée à couvrir les besoins individuels des responsables syndicaux. Cette attitude me paraît plus préoccupante que la communication volontairement floue d'un gouvernement qui semble effectivement s'engager dans une politisation de tout et de rien. Nous devons cesser de prêter si facilement flanc aux manœuvres de ceux qui ont intérêt à creuser le fossé entre les travailleurs et leurs représentants » a affirmé Anselme Amoussou.


Pour Noël Chadaré, Secrétaire de la Cosi-Bénin, les préalables pour une rentrée scolaire apaisée sont clairs et le gouvernement de Talon le sait très bien. Ces préalables se résument à l’application des statuts particuliers des enseignants. « Sans l’application des statuts particuliers des enseignants, la rentrée scolaire prochaine ne sera pas apaisée », a martelé Noël Chadaré.


En en croire les propos des ces deux secrétaires généraux, tout porte à croire que le gouvernement de la Rupture, du Nouveau départ et du Bénin révélé opte pour du dilatoire dans la satisfaction des revendications des enseignants. Ce faisant, le gouvernement de Patrice Talon veut carrément mettre de côté les statuts particuliers des enseignants obtenus à la suite de longues luttes.
Est-ce que l’octroi des primes de rentrée aux enseignants, l’envoi des subventions aux écoles et collèges, et l’octroi des subventions aux centrales et confédérations syndicales suffisent pour avoir une rentrée scolaire 2017-2018 apaisée ? Les prochains jours nous édifieront davantage.

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