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lundi janvier 22, 2018
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Les béninois ont découvert le nouveau concept « Construisons et gérons nos écoles » au début du mois d’octobre 2012 en voyant le Chef de l’Etat, tout le gouvernement, bon nombre de cadres du Palais de la Présidence et des élus de la commune de Dogbo dans leur habits et attitudes d’ouvriers de travaux Publics. L’idée était de faire participer tout le monde au développement locale EN REDUISANT LES COUTS avec une contribution physique périodique de chaque cadre de la localité concernée.

Trois mois environs après, le module de classes inaugural du nouveau concept est achevé et selon le compte rendu, son coût est d’environ 30 millions de francs Cfa. Il se dégage alors que cette expérience revient plus cher que les procédures et options diverses qui concourent traditionnellement à l’obtention d’un module de classes avec les mêmes caractéristiques. En effet, en plus des 30 millions de francs Cfa, la construction des trois modules de classes de Dogbo  prend en compte la participation des ministres, de leur chef, des élus communaux et locaux, des cadres de Dogbo. Il s’agit d’une main d’œuvre  dont le coût doit être estimé et ajouté aux 30 millions de francs Cfa. A cela doit aussi s’ajouter les coûts des missions de début et de fin de chantier avec tout la pléthore de personnes déplacées), la mobilisation des médias. A moins qu’il n’y ait pas eu une main d’œuvre à col blanc ou que celle-ci soit juste pour les caméras.

 La preuve par l’exemple

Trois exemples palpables démontrent à suffisance que dans la nouvelle logique du Chef de l’Etat, si les infrastructures à réaliser pour le compte « Construisons et gérons nos écoles » doivent coûter 30 millions de francs Cfa, il vaudra fermer la parenthèse et revenir très vite aux anciennes formules. La preuve :

L’ambassadeur du Japon près le Bénin, Bemba Masahiro a inauguré le mercredi 22 décembre 2011, au Complexe scolaire de Pahou centre, un module de 3 salles de classes avec direction, magasin et équipement au profit du groupe B. Coût de toute l’infrastructure, un peu plus de 24 millions de F Cfa.

Deuxio, aux premiers jours de décembre 2011, le maire Saka Yaya et l’ensemble des conseillers de la commune d’Adjarra ont procédé  à la pose de la première pierre pour la construction d’un module de trois classes plus magasin et bureaux dans l’école primaire publique de Agata. Coût de l’initiative 29 millions de francs Cfa.

Tertio, dans un rapport intitulé  « Etude pour l’élaboration d’un recueil des normes et coûts standards utiles dans le processus de planification communale » publié par le Ministère de la décentralisation avec l’appui technique et financier de la coopération allemande, on peut lire : « …S’agissant des coûts des constructions, il n’a pas été possible d’identifier un coût standard, tellement ils varient d’un programme à un autre (de 13 à 15 millions de FCFA pour le PNDCC jusqu’à plus de 30 millions pour d’autres programmes)…. ».

Enfin, il faut parier fort que lorsque les mêmes modules de classes sont réalisées par des bonnes volontés privées pour le compte de leur localité ou au profit d’une couche défavorisée, ils reviennent beaucoup moins chers.

Conclusion : s’il faut organiser de missions coûteuses, mobiliser les médias, risquer des accidents de travail avec des néophytes… et finalement obtenir des infrastructures aux mêmes coûts que celles réalisées par don, par financement public ou privé, le concept « Construisons et gérons nos écoles » doit être revu si on ne peut l’abandonner.

Francis Z. OKOYA

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